Titeuf en breton. Un sacré biroulig !


Déjà traduit en 25 langues, Titeuf s'exprime pour la première fois en langue régionale, le breton. Quarante élèves du collège Diwan du Relecq-Kerhuon, ont assuré la traduction de l'album avec l'aide de leur professeur, Gwenole Bihannig.

« Pichoù ripik », ça ne vous dit rien ? C'est tout simplement l'une des expressions favorites du héros de BD, Titeuf, « p'tit zizi ». Car depuis peu, Titeuf parle breton. Et cela grâce au travail réalisé par 40 élèves du collège Diwan du Relecq-Kerhuon, qui ont eu la double difficulté de traduire le breton en langage Titeuf. Spontus !

Plijadur a zo bet ! Il y a deux ans, quand Gwenole Bihannig, leur professeur de breton, a proposé à ses élèves de 4 e du collège Diwan du Relecq-Kerhuon de réaliser la traduction d'un album de Titeuf, les jeunes bretonnants ne s'attendaient sans doute pas à vivre pareille aventure. Une histoire vraiment tordante.

Jeux de mots

On les imagine facilement pliés de rire derrière leurs tables de travail. Comment garder son sérieux lorsque votre prof vous demande d'écrire des gros mots ? Et ce, d'autant plus que la langue bretonne se prête terriblement bien à ce genre de jeu. L'ami Titeuf en rajoutant une couche.

« Tchô ». Un mot que prononce souvent le Titeuf francophone. Klervi et Mélaine, 15 ans, aujourd'hui élèves de seconde au lycée Diwan de Carhaix, avouent avoir eu « quelques difficultés à transposer le langage propre à Titeuf en breton. Mais on a trouvé l'idée géniale, et vraiment très amusant de trouver des mots tous ensemble. Le Kenavo est ainsi devenu « Kenô » dans la bouche de Titeuf. Cela a été pour nous une expérience très enrichissante ».

Une langue très imagée

Leur professeur de breton confirme. « Le travail avec les niveaux de la langue, sur les exclamations et les insultes en breton a beaucoup intéressé les élèves. En breton, ce n'est pas ça qui manque. C'est une langue très imagée ! Ils avaient aussi la motivation supplémentaire de voir le travail édité ».

Chaque élève avait une planche à traduire. Les jeux de mots ont fusé. La gastronomie, à laquelle s'essaye (difficilement) Titeuf dans une page du livre, prend pour titre en breton « gast ! ro boued din ! »

Autre exemple, Chippendale, qui raconte les mésaventures de Titeuf lors d'une visite médicale, devient Chupenn dall (veste aveugle). Il faut dire que le pôv'gars, emmêlé dans ses vêtements, n'y voit plus rien.

L'expérience a été tellement concluante que Gwenole Bihannig se dit prêt à la renouveler l'an prochain avec de nouveaux élèves. Arno Elegoët, le jeune éditeur quimpérois à l'origine de ce premier album de Titeuf traduit en langue régionale (après Boule et Bill, Olivu...), est tout aussi partant. L'aventure ne fait que commencer...

Kenô, bed kriz (Au revoir, monde cruel) sera disponible en librairie à partir du 19 février ou déjà par correspondance auprès des éditions Bannoù-heol, 140, rue de Pont-L'Abbé, 29000 Quimper. Internet : www.b-heol.com. Tél. : 06.08.88.57.55. Tarif : 8,60 €.

01 - Le Télégramme - Breizh / Bretagne