Sell 'ta ! Boule & Bill en breton


Déjà lecteur assidu de Boule et Bill, en français dans le texte, Steven, neuf ans, attend avec impatience de lire leurs prochaines aventures... e brezhoneg, evel-just !

Sell ’ta ! Regardez, voilà que Boule et Bill, nos héros favoris de la bande dessinée, se mettent aussi à faire leurs facéties en breton. Après Tintin et Yakari, autres grands succès de la BD à être édités en langue bretonne, le premier album de Boulig ha Billig vient tout juste de sortir pour le plus grand bonheur des petits bretonnants... et de leurs parents. Plijadur zo 'b an ti !

Et oui, il y a bien du plaisir à parcourir les aventures de Boulig ha Billig. C’est absolument tordant et tellement accessible, même pour tous ceux qui n’ont que de vagues notions de breton. Et c’est bien là le principal intérêt de cet album, car contrairement à Tintin où les textes exigent un très haut niveau de connaissance de la langue bretonne, dans Boulig ha Billig les expressions employées sont plutôt familières.

Une initiative individuelle 

A l’origine de la sortie de ce premier album en breton, une soudaine envie d’un de leurs fans de l’offrir aux petits bretonnants lorsqu’il s’est aperçu du peu de BD célèbres disponibles dans cet idiome. 

Arnaud Elégoët, enseignant de musique et licencié de breton, a donc eu l’idée de contacter directement l’éditeur Dargaud. « En fait, explique Arnaud Elégoët, je l’ai appelé pour lui demander s’il acceptait de collaborer à une édition en langue bretonne. Et à ma grande surprise, il a tout de suite été d’accord ».

Le premier en langue régionale 

C’est vrai, plutôt surprenant de la part d’un éditeur lorsque l’on sait que Boule et Bill sont certes traduits en quinze langues, mais jamais encore à ce jour en langue régionale. La maison d’édition prenant en charge les travaux d’impression, il restait à traduire les textes en breton. Et c’est l’album « 22 ! Voilà Boule et Bill » qui a été choisi puisqu’il fait actuellement l’objet d’une réédition en français. Intraduisible en breton, le titre est devenu Sell ’ta ! (regarde !) Boulig ha Billig. 

On est certes loin d’un texte de Proust, mais quand même ! D’autant plus qu’Arnaud Elégoët a effectué seul l’entière traduction de l’album. « Le plus difficile, reconnaît-il, a été de traduire les onomatopées en breton ». « Aïe » devient « ayiii » et « ouin », « weñv ». Aussi, a-t-il pris l’initiative de s’adresser à l’office de la langue bretonne pour la correction. « Ils m’ont conseillé de relire Tintin où un très gros travail de traduction a été fait, notamment au niveau des onomatopées et j’ai essayé de m’y tenir ». 

La mise en page a aussi été laborieuse et bien plus longue puisqu’Arnaud a dû scanner les pages de l’album avant de pouvoir insérer les textes dans les bulles. « L’avantage de Boule et Bill, c’est que les histoires sont courtes et le vocabulaire simplifié ». Et au bout de quelques mois d’efforts, vient la récompense de voir l’album enfin édité à 1.000 exemplaires. Pas mal pour un début !

Par correspondance 

Cela représente malgré tout un coût de 25.000 F, financé à hauteur de 40 % par l’Institut culturel de Bretagne. Plus que motivé, Arnaud Elégoët a donc financé la plus grosse part de sa poche en attendant les premières recettes. Et il a d’ailleurs raison d’y croire, car les premiers lecteurs se sont vraiment jetés dessus et n’attendent qu’une chose, la suite des aventures de Boulig ha Billig. 

« Sell ’ta, Boulig & Billig » est vendu uniquement par correspondance, association Bannoù-heol, 140, rue de Pont-l’Abbé, 29000 Quimper. Prix : 50 F, plus 19 F de frais de port.

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