Des élèves Diwan du Relecq Kerhuon ont travaillé sur la BD - Titeuf, roi de la récré, parle breton


L'album de Titeuf, « Tchô monde cruel », est traduit en breton par des collégiens de Diwan.

Grâce au travail d'une quarantaine d'élèves du collège Diwan du Relecq-Kerhuon, la bande dessinée, dont le héros Titeuf hante les cours de récréations de l'école primaire, est maintenant traduite en langue bretonne. Un projet pédagogique ou maître et collégiens semblent avoir pris beaucoup de plaisir.

Gwenole Bihannig vous êtes professeur de Breton au collège Diwan du Relecq-Kerhuon, comment est née cette idée de traduction ?

Chaque année, je suis à la recherche de textes ou livres attrayants pour des élèves du collège. J'ai demandé à mes classes de quatrième de choisir parmi quelques titres et Titeuf, le héros du dessinateur Zep s'est vite imposé. Il est préférable de les faire travailler sur un choix personnel plutôt que d'imposer une lecture qui s'avérera infructueuse. Le choix de la bande dessinée se prête bien à ce genre d'exercice, car j'ai pu donner une planche de dessins à chaque élève pour qu'il s'essaie à la traduction.

Justement, comment se passait le travail en cours et comment avez-vous réalisé la totalité de la traduction ?

Chaque élève s'est penché sur une page de l'album qui compte une quarantaine de planches. Il a ensuite proposé son travail au reste de la classe et chacun a pu apporter sa critique, pour proposer éventuellement une meilleure traduction. C'est un travail qui a demandé une grande recherche de vocabulaire, car la langue bretonne est très imagée et se prête bien aux jeux de mots et expressions fleuries de la langue parlée par Titeuf.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

C'est la première traduction de Titeuf en breton mais on s'est inspiré des autres BD déjà traduites pour les onomatopées ou quelques expressions. Mais il a fallu inventer la quasi totalité des dialogues car le langage de Titeuf utilise des expressions de langage moderne pratiquées par les élèves dans le langage de la cour de récréation.

Quelques exemples ?

Déjà le titre de l'album, Tchô monde cruel devient Kenô, bed kriz et les questions existentielles des cours de récréation sur la sexualité transforment le titre de « nul du zizi » en « pichoù null ». Le reste est à l'avenant et devrait ravir bon nombre de lecteurs, petits ou grands.

« Kenô, bed kriz » est vendu en librairie ou chez Bannoù-heol, 140 rue de Pont-l'Abbé à Quimper.

01 - Ouest-France - Kemper